Plantes et compagnie

14 Sep 2016

L’horticulture n’a jamais été aussi tendance et les plantes sont les nouvelles it-girls d’Instagram. À Londres, Jin Ahn de Conservatory Archives s’inscrit au cœur du mouvement. Sa boutique, qui déborde de fleurs et autres cactus le lundi, se fait dévaliser chaque semaine. Grâce à des collaborations récentes avec des géants comme COS ou M&S (Marks & Spencer), Conservatory Archives est devenue l’une des boutiques de plantes les plus cool de Londres… en l’espace de quelques mois. Nous la rencontrons aujourd’hui dans son paradis de verdure, en plein Hackney, un des quartiers les plus hip de la ville.

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Tu as commencé à Séoul, avec ta propre marque de vêtements. Comment tu t’es retrouvée à Londres ?

On ne vit qu’une fois et j’ai eu envie d’autre chose. Ce n’est pas toujours facile d’avoir sa propre boutique et je me rendais compte que je commençais à m’ennuyer ; j’ai eu envie de changement. J’ai toujours eu envie d’étudier l’horticulture et de découvrir un nouveau pays, donc je me suis inscrite dans une école d’agriculture dans l’Essex et c’est comme ça que tout a commencé.
Je savais que je ne pourrais pas accepter de travailler pour quelqu’un d’autre, j’ai trop l’habitude d’être ma propre boss. C’est ce qui m’a poussée à ouvrir ma propre boutique de plantes. À la base, je voulais ouvrir un concept-store alliant plantes et meubles, mais les plantes ont rapidement pris le dessus et je me concentre aujourd’hui sur les plantes d’intérieur.

Comment as-tu déniché cet espace ?

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Ça m’a pris presque quatre mois. Je me déplaçais chaque jour dans tout Londres, en prenant le bus, et je faisais aussi des recherches sur Internet. Le plus dur c’était d’attirer l’attention des agents immobiliers : ils ne comprenaient pas vraiment le concept de la boutique et voulaient être convaincus que l’idée tenait vraiment la route avant de discuter sérieusement. Et puis un jour, j’ai repéré cet espace depuis le bus ; je suis sortie précipitamment à l’arrêt suivant pour noter l’adresse. J’ai eu de la chance puisque le propriétaire vivait à l’étage et il a adoré l’idée.

L’espace est vraiment unique. Est-ce que vous l’avez vraiment transformé ?

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Le propriétaire est vraiment attaché à l’immeuble et à ce qui s’y passe. C’était le plus vieux quincailler de Londres ! Nous avons conservé de nombreux éléments d’origine ; on ne voulait pas repeindre les murs, qui font partie de l’histoire de ce lieu unique et qui le rendent si spécial.
Les fenêtres ont été repensées à partir d’un vieux dessin de la boutique de quincaillerie. Elles sont idéales pour ma boutique : la lumière est l’élément le plus important pour les plantes – même si ça veut dire que l’espace se transforme en sauna quand il fait beau !
De nombreuses personnes viennent me parler dans la boutique pour me proposer des collaborations ; c’est aussi pour ça que j’adore cet endroit. Le quartier regorge de gens plus intéressants et créatifs les uns que les autres. Ma boutique est mon outil marketing numéro 1.

Vous avez un nombre de followers assez impressionnant sur les réseaux sociaux : est-ce que vous avez des conseils à partager ?

Déjà, je pense que j’ai eu de la chance puisque les plantes sont devenus ultra-tendance : les gens veulent en mettre partout, de leurs bureaux à leurs chambres. Sur Instagram, les plantes sont partout ! Et on se fait tagger en permanence. Mais de mon côté, j’évite de bombarder mes followers : en général, je ne poste qu’une photo par semaine. Et puis, je n’ai pas vraiment beaucoup plus de temps à y consacrer.

Est-ce que vous avez rencontré des difficultés ?

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Je pense que je n’ai pas trop le droit de me plaindre : c’est une chance immense d’avoir ma boutique. Mais c’est vrai que nous ne sommes que deux à gérer la boutique, et c’est parfois difficile : je travaille toutes la journée, 7 jours sur 7. Je sais que je vais avoir du mal à trouver quelqu’un pour m’aider : il faudrait une personne aussi passionnée d’horticulture que moi… et capable de porter de grosses plantes !

Quels sont vos projets pour Conservatory Archives?

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J’aimerais essayer d’ouvrir quelques pop-ups dans d’autres quartiers de Londres et pourquoi pas me lancer dans une boutique en ligne. Et puis j’ai pour idée de créer un gros projet que je pourrai mettre en avant ; recouvrir un espace entier de plantes, comme un musée ou une station de métro. Les plantes sont souvent très ennuyeuses dans ces espaces publics, ça me donne envie de créer quelque chose d’extraordinaire pour montrer que le jardinage d’intérieur peut faire toute la différence.

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